luni, 24 iunie 2013

Javier Cercas: "Changer la perception du monde du lecteur"

Voici la version originale de l'entrevue que j'ai réalisée au mois de mars à Bruxelles avec le réputé écrivain Javier CERCAS. L'entrevue a été publié en roumain dans l'hebdomadaire Dilema Veche. Un gran merci à Monsieur Bruno BASSOUL pour la correction de la version originale ainsi que à Madame Regine LE MEUR d'Edition Actes Sud pour la mise en place de l'entrevue.

" C’est bien le divertissement, mais la littérature peut faire autre chose."


Plusieurs fois vous avez affirmé que les écrivains espèrent changer la vie des autres avec leurs livres. C’est une affirmation qui, d’ailleurs, a souvent été confirmée par autres écrivains.  Je voulais donc savoir comment vous pensez changer la vie des lecteurs?

Je crois que c’est une ambition, ce n’est pas une réalité. Je ne peux pas dire que mes livres vont changer la vie des autres mais je peux dire qu’il y a des livres qui ont changé la mienne. J’aspire évidemment à ce qu’un jour mes livres changent la vie des autres d’une façon très simple : en les changeant leur perception du monde. Nous, les lecteurs, nous avons tous pu expérimenter cette évidence : on a lu « un grand livre » et ensuite tout a changé.

Vous avez souvent cité Borges…

Oui, absolument, Borges a changé ma vie. Mais il n’y a pas que les grands écrivains. Quand on est très jeune, la possibilité de changer la vie est plus grande. On est innocent, et donc les grandes lectures sont des lectures de l’adolescence, comme Borges ou Kafka.
Hier, dans l’avion, j’ai parlé avec un ami de l’écrivain américain James Fenimore Cooper, c’est un écrivain qu’aujourd’hui plus personne ne lit. Pour moi quand j’étais jeune il y avait « Le dernier  des mohicans » ou « Le pilote » qui étaient des livres extraordinaires. Michel Strogoff de Jules Vernes… wow… un des meilleurs livres que j’ai lu dans ma vie.

Au fond, le lecteur idéal c’est Don Quichote ou Emma Bovary qui peuvent changer leurs vies à cause des livres. Ils sont si ambitieux qu’ils veulent transformer en réalité ce qu’ils ont lu. C’est ça l’idée : changer la perception du lecteur sur la vie. C’est exactement le contraire de la littérature de divertissement. C’est bien le divertissement, mais la littérature peut faire autre chose.

Donc, en ce qui concerne le lecteur, je voudrais tout changer.

Vous connaissez cette idée de Victor Chklovski, le théoricien russe du début du XXème  siècle. Il a parlé de la mission de l’art comme la « dé-automatisation » de la réalité. C’est ça, au moins une partie de la question… Nous vivons de façon automatique. Selon Montaigne «l’habitude efface le vrai visage des choses», parce-que nous vivons de façon automatique, sans faire attention à la réalité telle quelle est. La littérature peut nous obliger à voir les choses comme si c’était pour la première fois : la réalité physique mais aussi la réalité psychique. L’ambition de l’écrivain est de faire voir les choses comme si c’était pour la première fois.

"Les personnages de mes livres sont des hommes qui disent non"


Vous avez souvent écrit sur des héros, aussi je voudrais savoir quelle est, selon vous, l’identité du héros, et quelle est l’identité de celui qui est sauvé par le héros. Est-ce que celui qui est sauvé va avoir un échange identitaire ?

Le journal « Le Monde » a demandé aux écrivains quel était le mot le plus important pour eux. C’est une question très étrange et j’y ai réfléchi. Pour moi le mot le plus important est « non ». L’homme révolté selon Camus était l’homme qui disait « non ». Je crois que les personnages de mes livres sont des hommes qui disent non, ou qui essayent de le faire mais qui n’y  parviennent pas. Dans « Les soldats de Salamine » c’est évident. Il s’agit d’un homme qui ne veut pas tuer un autre qu’il ne doit pas tuer. Alors il dit non. Le protagoniste de « l’Anatomie de l’instant » n’accepte pas l’ordre de se jeter par terre quand les putchistes du 23 février le lui intiment. L’épigraphe de l’Anatomie de l’instant qui est de Dante dit « colui che fece il gran rifiuto » - Celui qui fait le grand refus, une épigraphe qui est valide pour tous les livres que j’ai écrit. Mais aussi pour une actualité plus récente, Dante parlait de Celestino V qui a refusé être Pape comme l’a fait Joseph Ratzinger.
Il y a un poème du grand poète grec Kavafis dont le titre exact est « Che fecce … il gran rifiuto ». Il dit «A tous les hommes arrive le moment du grand oui ou du grand non». L’homme qui dit le grand « oui » apparemment se sauve mais, en réalité, se condamne. L’homme qui dit non apparemment se condamne mais, en réalité, se sauve. Alors mes personnages sont des hommes qui disent non et qui, au moins moralement se sauvent, alors que socialement ils se condamnent parce que leurs vies tournent mal. L’homme qui sauve la vit de l’autre homme, est un homme qui vit d’une façon obscure, sans rien mais il s’est sauvé parce qu’il a dit non.

Mais peut-être avez-vous raison : la vie de celui qui est sauvé change aussi. Il voit quelque chose dans cet acte, qui n’est pas le sien mais qui lui sauve la vie, et ce quelque chose lui fait changer la façon dont il perçoit les choses. Je me souviens que, dans une entrevue réelle, le Sanchez Mazas de mon livre, qui a été sauvé par le soldat dit «cet instant, quand il te semble que tu vas mourir change tout». Le fait est qu’après la guerre il a été un homme complètement différent, peut-être comme conséquence de cet acte de grâce.
                                                  
Est-ce qu’on voit des héros dans la vie de tous les jours ?

L’homme qui dit non à des moments qui sont importants. Ce n’est pas facile. Quand on est jeune on ne peut pas dire non. Je parle de ces moments sérieux où tout le monde va dans un sens et que quelqu’un dit « non » en se retournant dans l’autre sens. C’est pourquoi je suis un peu content de moi même. Quand mon dernier livre est sorti en Espagne, c’était le moment de la grande explosion nationaliste, quand tous les gens semblaient être des indépendantistes et que l’Espagne était l’ennemi. J’ai dit que je ne pensais pas que c’était bien. J’ai dit, à l’époque, quelque chose qui n’était pas prévu.

"Ce n’est pas l’écrivain qui choisit le sujet, mais le sujet qui choisit l’écrivain"


Vous parlez souvent de la guerre, des conflits historiques dans vos livres. Pourquoi choisissez-vous souvent ce contexte ?

Je ne suis pas sûr que je choisisse ces moments. Je sais que ça sonne un peu romantique mais je pense que ce n’est pas l’écrivain qui choisit le sujet, mais le sujet qui choisit l’écrivain. Il y a des sujets qui deviennent des obsessions et qui ont une relation avec sa propre vie. Dans mon cas, j’ai écrit sur  le Vietnam parce-que je suis allé en Amérique et que j’ai connu quelqu’un là bas qui y est allé. Sans cette expérience je n’aurais jamais écrit sur le Vietnam. Dans ce sens c’est le Vietnam qui m’a choisit.

Je peux dire que le moment où j’ai commencé à écrire sur la guerre, et sur des questions, disons historiques qui ont une relation avec la guerre, est venu quand je n’étais plus si jeune. J’ai commencé à me poser des questions sur le passé quand j’avais 37-38 ans, quand j’avais moi même un passé.

Mais c’est vrai aussi que tout ce qui est en relation avec la guerre est passionnant. Depuis tout petit j’ai lu des romans sur la guerre, sur ces moments quand les hommes savent qui ils sont. Dans ces moments de grande tension parce-que on risque sa vie, on sait qui on est. Là ou au moment du grand non. La littérature a commencé avec la guerre.

Les hommes aiment la guerre : c’est comme ça. Les hommes ont toujours aimé la guerre. C’est comme un immense télescope où on voit la nature humaine dans les grands traits. Qui suis-je ? L’homme a cette impression qu’on le sait dans l’amour ou à la guerre. Deux choses très importantes.

On mène des guerres différentes aujourd’hui ?

La guerre c’est la guerre. Je ne crois pas dans la guerre cybernétique. C’est une métaphore, c’est n’est pas une guerre. On mène des guerres économiques. On dit qu’on vit la troisième guerre mondiale. Alors je suis très content que ce soit  une guerre économique, parce-que les autres guerres sont terribles. En plus, il y a une fascination en ce qui concerne ma génération, je dirais, mondiale. C’est la première génération qui  n’a pas connu de guerre en Europe, entre tous les pays, tous les pouvoirs. Tous mes parents ont connu une guerre, sauf moi. C’est extraordinaire. Peut-être l’Union Européenne a fait quelque chose pour ça.

 « Les soldats de Salamine » parle de ça dans un certain sens. Il y a un homme qui pense que la Guerre civile est aussi lointaine  de lui que la bataille de Salamine. Après une petite investigation sur un tout petit épisode de la Guerre civile, il découvre que le passé est une dimension du présent et que la Guerre civile est toujours là. Pour le pays, la Guerre est toujours là. Il y a une fascination mais cette fascination a toujours été là.

"Le vrai sport européen est la guerre"


Vous venez de mentionner l’Union Européenne. Je sais que vous soutenez cette idée.  Pourquoi cette utopie devenue réalité vous a convaincu ?

Je la soutiens absolument, presque fanatiquement. Hier pendant une conférence, j'ai parlé de l'Europe Unie comme de la seule utopie raisonnable qu’on a inventé en Europe. On a crée beaucoup d’utopies atroces, des paradis utopiques devenus enfers réels. Vous connaissez très bien, vous qui avez vécu le communisme.

Même si utopie raisonnable est peut-être un oxymore, il y a deux raisons pour l’appeler ainsi qu’on oubli constamment. La première raison est ce que je viens de dire. On est la première génération qui n’a pas vécu la guerre. Les américains croient que le sport européen est le football mais ce n’est pas vrai.  Le vrai sport européen est la guerre. Il n’y a pas eu deux semaines en Europe sans guerre, sans que les européens se tuent les uns les autres. On a commencé à vaincre ce cancer de l’Europe qui est le nationalisme, quoiqu’il persiste encore dans les grands pays, par exemple la Catalogne. Donc l’Union Européenne est le seul instrument pour en finir avec le nationalisme et avec la guerre permanente.

De plus, c’est une utopie raisonnable car c’est le seul instrument pour lutter contre la dictature du marché, de grandes corporations.

Finalement, tout seul on ne représente rien: l’Espagne, la Roumanie, l’Allemagne etc. On ne représente rien contre la Chine ou les Etats Unis. La seule façon de représenter quelque chose, de préserver des choses très importantes - la démocratie, l’état providence, tous les choses qui ont fait de l’Europe quelque chose d’extraordinaire et d’unique au monde- c’est l’Union européenne.

Je ne veux pas dire que sa forme actuelle est la meilleure. On doit être critique mais sans briser l’idée. On ne doit pas revenir en arrière. Dans l’Histoire, il est facile de revenir en arrière mais il est très difficile de construire quelque chose. Je pense que le fait qu’existent de grands mouvements nationalistes dans tous les grands pays européens  est très dangereux.

"J’écris pour satisfaire les différents lecteurs qui sont en moi et avec l’espoir que les autres lecteurs sont comme moi"


Je sais que vous aimez écrire pendant la journée. J’aimerais savoir si vous avez une routine particulière pendant le matin…

C’est très simple : je me lève, je prends le petit déjeuner et je vais à mon bureau, à 20 minutes de ma maison. Ça a été un changement très important de travailler hors de la maison. Et alors je commence…Je voyage beaucoup mais quand je suis à la maison je fais toujours ça.

Je prends un thé à 11h du matin. J’étais un fanatique de la Coca Cola mais le médecin m’a dit que ça ne faisait pas du bien. Je prends le déjeuner et, ensuite, je suis un de derniers espagnols qui font une sieste.

Quant j’étais jeune, je pensais que la vie d’écrivain était quelque chose de spécial, mais c’est une vie très ordinaire. Je suis très sociable mais je suis également très bien tout seul. Je peux être tout seul pendant longtemps. Pascal disait que toutes les catastrophes de l’homme viennent de ne pas savoir être seul. Je sais comment faire pour être seul. Ca me va bien.

Je sais que vous vous détachez du monde quand vous écrivez et, aussi, de la pression de devoir confirmer votre succès antérieur. Mais avez-vous quand même en tête un lecteur idéal ?

Moi-même.

Vous-même ?

Oui, moi-même. C’est la définition donné par François Mauriac quand on lui a demandé ce qu’il voulait être. Il a répondu : « moi-même ». J’aime beaucoup ça. Mon lecteur idéal c’est moi-même.

Quand j’étais jeune j’avais un maître, Joan Ferrate, et souvent je pensais à lui quand j’écrivais mes premiers romans mais, à partir d’un certain moment, je me suis mis à écrire pour ce lecteur atrocement exigeant que je connais en moi.

Il n’y a pas un  « grand public ». Il y a que des lecteurs individuels et chacun est différent.
Souvent les gents disent : il faut écrire pour le grand public. C’est quoi ça le grand public ? Je n’écris pas pour le grand public. J’écris ce que j’écris.

 Avant Les Soldats de Salamine il n’y avait que ma mère qui lisait mes livres, mais depuis il y a pas mal de gents qui les lisent, et dans plusieurs langues. Qu’est-ce que ça a changé? Je ne sais pas, j’écris exactement de la même façon. Je ne sais pas comment écrire autrement et je ne veux pas le faire.

Je ne veux pas laisser entendre que je suis superbe. En fait, je suis très orgulieux et un peu superbe comme tous les écrivains mais ce n’est pas le cas ici.
J’écris pour satisfaire les différents lecteurs qui sont en moi et avec l’espoir que les autres lecteurs sont comme moi

Pour finir, j’ai lu cette phrase dans une de vos entrevues, et d’ailleurs cela m’a plu: « Notre principal obligation est de protéger les questions des réponses ». Pensez-vous toujours cela ?

Oui, absolument. C’est pourquoi je crois dans le roman. Parce qu’il s’agit de questions, pas de réponses.




joi, 20 iunie 2013

Medici, greva, solidaritate, stalinism

Cand am citit prima oara titlul unui articol distribuit pe Facebook, am crezut ca este din Times New Roman, stiti, e-publicatia aceea umoristica romaneasca: "Medicii din toată ţara intră în grevă. Eugen Nicolăescu: „Sunt surprins!” "

Acum, nu pot sa jur ca domnul ministru a reactionat chiar asa, am senzatia ca acest 'sunt surprins' este un pic extras din context. Dar despre alte detalii as vrea sa va vorbesc in continuare.

Dincolo de absurdul surprizei intr-o criza a sanatatii notorie de mult timp, ma deranjeaza mai tare tupeul clientelismului politic care pare sa strige in gura mare ca nu are margini.

Un domn manager de spital (nu conteaza cine, sunt citati vreo trei care exprima in mare aceeasi idee) isi da cu parerea:
"De o grevă spontană a medicilor în România nu am auzit până acum. (...) Nici poveste. Aici nu se întâmplă absolut nimic. Toată lumea îşi vede de treabă" (sublinierile mele)

Sa va traduc:
medicii astia romani sunt atat de prosti incat vin ei singuri la spital si nu fac greva. Fie pentru ca le pasa de cele cateva zeci/sute de persoane care vor sta la coada la urgente maine si care vor trebui vazute de catre o echipa de garda cu resurse limitate, fie pentru ca ajung acasa atat de tarziu incat uita sa mai deschida presa ca sa afle ca maine e greva, fie pur si simplu pentru ca nu vor dori sa rateze o zi de mici 'atentii' fara de care nu si-ar mai putea plati chiria/rata luna asta. Este exact aceeasi atitutine stalinista care a impus sistemul recompensei provenite de la pacient, reformulata cateva decenii mai tarziu de catre un manager de spital. Btw, nu credeam sa pot face o fraza care sa includa si stalinist, si manager si care sa se refere la anul 2013...

Inteleg nevoia de a nu panica populatia, de a o asigura ca vor fi furnizate in continuare ingrijirile de sanatate. Dar nu inteleg ce cauta pozitia unor directori de spitale in paragraful 2 al unui articol despre greva medicilor. Reprezentantii medicilor sunt colegiile si, respectiv, acolo unde exista, sindicatele. Decidentii politici sunt ministerele/Parlamentul. Spitalele sunt pur si simplul furnizorul economic de servicii de sanatate, veriga economica ce angajeaza medici si primeste bani de la bugetul de stat+ decontari de la CNAS. In niciun caz managerul nu reprezinta pozitia medicilor iar opinia dumnealui personala nu ar trebui sa interfereze cu o miscare sindicala. De asemenea, nu exista un raport de subordonare a corpului medical in fata managerului, oricum nu de subordonare profesionala ci, eventual, administrativa.

Ar fi bine de stiut ca greva sau protestele medicilor se pot adresa si directorilor de spitale. Spre exemplu in situatia ipotetica in care am considera ca banii proveniti de la buget + CNAS sunt corecti dar nu sunt gestionati corect, medicul poate protesta impotriva gestionarii banilor de catre angajator daca el considera ca actiunile acestuia defavorizeaza pacientii si pun in pericol buna desfasurare a ingrijirilor de sanatate. Totul e ca protestul sa nu fie denigrator la adresa institutiei ci doar a administrarii ei.

Raed Arafat, medic inainte de a fi decident, spune "Vreau să subliniez că orice acţiune care va avea loc nu trebuie să se răsfrângă asupra pacienţilor”. Diferenta de nuanta este evidenta. In timp ce managerii se bat pe rand cu pumnul in piept ca greva, daca exista, nu va avea loc in institutia lor (?), Raed Arafat face apel doar ca efectele ei sa fie indreptate impotriva decidentilor, nu impotriva pacientilor.

Exact asta ar fi lectia de solidaritate pe care medicii din Romania ar trebui sa o dea in sfarsit. Suntem solidari unii cu altii, nu ne lasam intimidati nici de tentativele de autoritarism, nici de servilismul politic si, in contextul in care serviciul de garda va fi asigurat, tot ceea ce inseamna medicina programata/cronica va ingheta pana la rezolvarea crizei sau inceperea negocierilor... Mi-e teama ca nu se va intampla nici de aceasta data insa mi-ar placea ca mesajul sa treaca mai departe.







Only God forgives

Daca am hotarit sa scriu despre acest film, meritul ii apartine mai ales lui Kristin Scott Thomas. V-o imaginati pe glaciala si aristocratica doamna de origine britanica, rezidenta in Franta, purtand par lung cu extensii, de culoare blond platinat, platforme, haine roz, gene si unghii false, cercei hoop si accent sudist? Daca nu, mergeti sa vedeti noul film al lui Nicolas Winding Refn, regizorul lui Drive (2011).

Only God forgives infatiseaza povestea unor traficanti americani de droguri stabiliti in Bangkok, o poveste incarcata de violenta si destul de seaca in nuante, totusi cu momente surprinzatoare, de mare subtilitate. Ryan Gosling, personajul principal, este fiul lui Kristin Scott Thomas, un taciturn ezitant si laconic (as spune ca asta este unul din minusurile filmului, Refn ii ofera lui Gosling inca un rol cu putine cuvinte, un dram de umanitate si multa violenta, la fel ca si in Drive) care ar trebui sa isi razbune fratele insa care alege sa realizeze o razbunare bine 'temperata' de dreptate. Kristin Scott Thomas incearca sa ia conducerea asupra activitatii din Bangkok si sa salveze 'onoarea' familiei in timp ce un politist justitiar, Chang (Vithaya Pansringarm), inarmat cu o sabie, vegheaza ca cei rai sa fie pedepsiti. Ok, inteleg ca pana aici nu prea v-am convins... :)

Meritul si, in acelasi timp, defectul filmului este ciudatenia. Daca ceva m-a tinut in sala pana la capat si, in schimb, a alungat o parte din ceilalti spectatori, cu siguranta nu era vorba despre poveste, mai degraba despre modul bizar in care pelicula era filmata, cu nuante intre penumbra si neon, cu atmosfera artificiala si seaca si, oarecum, suspendata in expectativa. Ryan Gosling este un fel de client permanent si pasiv al unei prostituate pe care o invita la cina impreuna cu mama lui, ii daruieste o rochie neagra candida (Valentino?) si ii propune sa o prezinte ca fiind logodnica lui. Daca ar fi sa aleg o secventa a filmului care mi-a placut, probabil ca ar fi aceasta: masa tensionata, bogata in schimburi de cuvinte umilitoare si faptul ca, dintre toate personajele filmului, prostituata este singura care se 'salveaza', a carei demnitate ramane intacta. Iar personajul lui Gosling promite mai multa complexitate decat alege sa exprime. Sigur ca rolul acesta de bataus cu fondul bun ii vine de minune dar, poate, in evolutia lui artistica, ar fi momentul sa aiba sanse si la altceva.

Am iesit din sala cu senzatia ca am asistat la un melanj bizaroid intre Kill Billul lui Tarantino denudat de glamour, imaginea intunecata a lui Kar Wai Wong si mutenia din Drive. Daca asta suna bine, atunci mergeti sa il vedeti :)


miercuri, 19 iunie 2013

Cea mai buna exploatare a timpului

De asta se numeste superlativ relativ: pentru ca depinde de sistemul de referinta. Asa ca cea mai buna exploatare a timpului nu exista, ea depinde numai de noi...

Acum cateva zile am scris "a little nothing about birthdays". Cineva a citit asa ca unul dintre cele mai percutante mesaje de La multi ani din acest an a continut o melodie pe care o adaug mai jos: Decenni... Daca nu te bucuri de clipe, anii trec mai departe si, in timp ce acum privesti inspre ei cu nemultumire, mai tarziu te intrebi inevitabil "unde s-au dus?"

Mi-a placut tare mult. Nu pot sa spun ca de-a lungul anilor am avut o relatie dificila cu timpul insa mi se intampla ca, din cand in cand, sa o renegociez, sa prioritizez altceva. Remanierile astea periodice ma aduc uneori in fata unor mici momente de criza. E putin probabil sa te intorci pe calcaie de la est la vest si sa nu se roteasca macar un pic lumea din jurul tau.

Ma intreb: voi ce fel de relatie aveti cu timpul? ati construit o situatie constanta sau traiti si voi rasturnari de situatie?

Intre timp ascultati melodia si meditati la lectia ei delicata. Multumesc pentru cadou!



Tradiscono i decenni, 
saranno gli anni fa. 
Il tempo li fà belli 
questi anni non li avrai, 
se no li perderai. 
Tradiscono i decenni, 
vedrai che ti vedrai.. 
nel taglio dei capelli, 
ahi.. 
quanti ne tagliai... 
Nel mentre la canzone, 
l'estate è bella assai. 
Nel mentre la canzone 
e Tu scontenta stai 
prestata agli anni tuoi. 
Poi, 
dopo penserai, 
quel certo sole dov'è mai?? 
Negli anni, anni tuoi 
che vivi dopo 
in penombra, 
sfogliando foto, 
riguardando un film? 
Questi anni ormai finiti, 
che non c'è vita più. 

miercuri, 12 iunie 2013

A little nothing about birthdays

For my 15th birthday, I got a top CD station. I had very few CD's at the time and I chose one of them and had it playing on repeat. I think Angie - Rolling Stones was my anniversary song that year. A few days later I threw a party but my actual birthday had already happened under the magic of the Rolling Stones: "with no loving in our souls and no money in our clothes, you can say we're satisfied".

As the years went by, adulthood stroke: more things to worry about, more details to be planned, less satisfaction, or, as the same Rolling stones tuned, "I can get no satisfaction". That would not be true... Many meaningful occasions came along and, with them, many beautiful birthdays. Although; if I had to pick one, I think Rome was the best.

Furthermore, I could not say that I am one of those people who hate their own birthdays. No, not at all. Why be a hypocrite? I love presents and surprises and, quite luckily, I had a bunch of those. As for the spotlight, I think I can live with it from time to time :) I love words as well. I love the fact that it is the single occasion of the year when others dare to confess why you (and not the entire humanity as it is the case on the New Year's Eve) are special to them. In spite of all that, I definetely am one of those people who always have this "saudade" around their birthdays, this unexplained blues, this ultimate hesitation.

Because it is the time when you have to face it. The age/aging, that too... But, mostly, who is that person who you have turned into? How was your year? How true are you to yourself? Have you evolved? Who are the persons you can turn to? Who are those who are still around you? Do they give you the love and attention you longed for? Do you give them the treatment they are entitled to? Did you fulfill your dreams? Have you made the most of it? Do you like the person in the mirror? And questions change, essentially resting the same, as years go by.

Two years ago I was stucked up with preparatives. Last year, rather fortunately, I had very little time to give it a real thought. This year, I have plenty. Plenty of time that I'd rather use in any other way...

I crave illusion as others crave cocaine, I must have read it somewhere. But there is not many left in stock for the year to come.

By the way, there are very few meaningful surprises you can actually have for your birthday. And what if the best of them will never occur?


marți, 11 iunie 2013

Fado at home

Astazi seara e seara de fado la mine acasa. O alegere complet intamplatoare dar care s-a lipit parca mai bine pe starea acestei seri fata de tentativele muzicale anterioare.

***

In mod miraculos cineva mi-a povestit acum cateva zile o intamplare de viata care reproducea aproape perfect scena din The year of magical thinking. Cred insa ca fiorii i-am simtit de-abia atunci cand a rostit "si atunci au venit pompierii". Mi-am amintit despre urmele trecerii lor... Despre modul acut in care Joan Didion privea ramasitele, dara de sange, poate chiar si resturile de fiole sparte si incerca sa inteleaga.

Si apoi ce poate fi mai ciudat intr-o conversatie decat sa incerci sa compari mortile celor apropiati. Sa iti intrebi interlocutorul daca este mai greu ca cel drag sa iti fie rapit brusc, pe neasteptate,  sau sa il privesti incet stingandu-se, diminuandu-se, dezintegrandu-se... Cbiar daca oricine poate raspunde scurt ca nu exista termen de comparatie

***

Multi dintre cei pe care i-am urmarit spre final gaseau impacarea cu ei insisi. Mai sunt insa si cei care lupta pana la capat. Cel mai dificil insa mi se pare de gestionat furia. Pare un final de drum tare frustrant si nelinistit. Nu o spun critic. E greu de inchipuit cum reactioneaza oricare dintre noi in momentele acelea asa ca ma feresc sa judec. Dar cred ca nu e de dorit furia...

In caz ca va intrebati probabil as fi in stare de niste consideratii mai stiintifice de atat. Doar ca uneori mai descatusam gandurile de dogme. Pur si simplu...

***

Acestea fiind spuse, intelegeti banuiesc de ce e seara de fado. Desi fado-ul pare mai degraba un semn de intrebare dureros adresat vietii decat o melodie de final. O variatie de ultim moment: la maison sur le port.

duminică, 9 iunie 2013

Chevaux très en Vogue

Ca sa imi mai treaca dorul de Raymond :), m-am uitat la niste fotografii fabuloase cu cai. Unele dintre ele fac parte din pictorialele Vogue realizate de-a lungul timpului... Frumusetea ecvestra a tot fascinat iar gratia calului si gratia amazoanei au fost indelung comparate...

Altele fac parte din fotografiile oficiale realizate in timpul Saut Hermès du Grand Palais 2010-2013. Galeria de pe Pintrest este exceptionala pentru multe detalii: de la exemplarele de cai la gratia saltului, de la decorul impresionant oferit de Grand Palais la cinetica admirabila a salturilor sau la frumusetea obiectelor purtate de cai: sa, capastru etc.



sâmbătă, 1 iunie 2013

Obiecte vechi in interior modern

sau ... mixing old and new

Adeseori, imi plac reinterpretarile, cumva iti forteaza imaginatia sa ramana proaspata, te obliga sa nu ramai la cararile deja batute. Este valabil cateodata pentru regia pieselor clasice, este vorba poate si de melodii dar este vorba si despre decoratiuni interioare. Imi place mai degraba stilul contemporan, epurat, minimalist decat mobilierul clasic, greoi, somptuos. Cu toate acestea, imi place si tendinta actuala de a imbina elemente vechi intr-un tot modern.

V-am povestit mai demult despre cum imi imaginez reconditionate scaunele vechi Voltaire sau Reine. Revin astazi cu cateva idei pe care le-am cules de mixare a elementelor vechi cu cele noi. Si inca ceva: pana nu demult detestam culoarea maro a lemnului. De curand amestecul de lemn deschis cu alb lacuit mi se pare foarte elegant.


Modern Living Room by San Francisco Interior Designers  Decorators Nicole Hollis

De pe Houzz

De fapt cred ca mi-ar placea sa vad cum se adapteaza niste scaune simple vechi la o masa moderna...

Mai degraba ca la Veranda